Grégory Dorcel est le fils de Marc Dorcel, réalisateur et producteur de films X, et le directeur général de la maison de production qui porte le nom de son père.
L'industrie du X est elle aussi confrontée au problème du piratage sur le Web ; mais, Grégory Dorcel n'est pas du genre à se précipiter pour promouvoir la loi Hadopi, contrairement à d'autres majors et autres médias accessibles aux mineurs : il affirme que, malgré le piratage, son entreprise ne connaît pas la crise !
90 % de nos vidéos sont consommées de manière illégale sur le Web. Pour une grosse nouveauté, sur les deux premiers mois de sortie, nous réalisons 8 000 à 10 000 téléchargements légaux pour 800 000 à 900 000 téléchargements de fichiers illégaux, d'après nos mesures. C'est simple, on ne travaille plus que sur 10 % du marché. Mais je ne veux pas jeter la pierre à Internet. Marc Dorcel réalise 18,7 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel avec un taux de croissance à deux chiffres. On représente 30 % du marché total de la VOD [vidéo à la demande] française et notre courbe de croissance suit scrupuleusement celle de l'accès au haut débit.
Ce succès est surtout dû au fait que Marc Dorcel n'a pas raté le coche du Web et a su tirer les leçons des erreurs des majors du disque.
Nous avons mis en place une offre de VOD dès 2001, alors qu'on n'était qu'une petite PME. Aujourd'hui, toutes nos nouvelles productions sortent simultanément en DVD, en téléchargement et en streaming [diffusion en direct sans téléchargement] sur notre site et sur les plateformes VOD de nos partenaires (Free, Orange, SFR…). À l'époque, on a pris exemple sur le marché de la musique pour comprendre ce qu'il ne fallait pas faire et comment réagir. À la vue du succès de nos offres, il semble que notre recette soit la bonne !
Au fait, quelle est la position de Grégory Dorcel sur Hadopi ?
C'est mieux que rien, mais le projet de loi montre une méconnaissance profonde des enjeux d'Internet et du piratage. Si on laisse à disposition sans surveillance un sac de bonbons devant des enfants, il ne comprendront pas qu'on leur tape sur les doigts s'ils en prennent. Les fichiers illégaux sont à la portée de n'importe qui en à peine trois clics. C'est normal que les consommateurs en profitent. Surtout, en accusant le consommateur, on fait passer les éditeurs de plateformes de téléchargement pour des Robin des bois, alors qu'ils réalisent des profits colossaux sur le dos des producteurs. C'est insupportable ! Pourtant, la réponse est d'une simplicité enfantine. Les gros sites pirates sont clairement identifiés. Il faut se mettre d'accord avec les fournisseurs d'accès à Internet pour couper les accès à ces sites.
Autrement dit : plutôt s'en prendre aux sites pirates qu'à l'internaute, dont il faut mieux comprendre les exigences.
Il est important de comprendre à quel point Internet a modifié les habitudes de consommation. Les consommateurs veulent avoir tout et tout de suite et le plus facilement possible. On fait tout pour donner envie aux spectateurs de voir un film, mais tous ceux qui ne peuvent pas, ou ne veulent pas aller au cinéma doivent attendre plusieurs mois avant la sortie du DVD et encore plusieurs semaines avant la VOD. C'est un non-sens. Les consommateurs ne comprennent pas. Le piratage, lui, est non seulement gratuit, mais il offre en plus l'accès aux films dès leur sortie en salles !
Même s'il est vrai que les « salles spécialisées » ont disparu, les majors de la musique et du cinéma gagneraient à s'inspirer du modèle économique mis en place par la société Marc Dorcel pour la diffusion de ses propres productions, quoi qu'on pense de l'industrie du porno. 
